Pourquoi ais-je peur de l'hypnose?


Voici 21 ans que j'exerce en tant qu'infirmière . J'ai découvert l'hypnose non pas dans le cadre de mes soins: il y a 4 ans, on ne nous proposait pas encore comme aujourd'hui, des formations en hypnose dans le cadre de nos formations de soignants.

C'est après que l'on m'ait annoncé que je devrais subir une hystérectomie totale que, consciente du poids qu'une telle chirurgie pourrait avoir psychologiquement, j'ai décidé d'entamer une psychothérapie. Celle-ci s'est avérée salutaire. J'ai toutefois un jour eu l'intuition de devoir aller plus loin, plus profondément.. Besoin de sortir de mes auto-sabotages, cesser le cycle infernal des "reproduire l'expérience inconfortable".. comprendre enfin ce que j'avais à apprendre et pouvoir avancer.

C'est ainsi que mon intuition m'a menée vers l'hypnose.

J'ai été bluffée par les résultats, le confort de cette thérapie, ses possibilités, ses effets, leur rapidité, la façon dont ils s'ancraient, nettoyaient de façon pérenne et permettaient d'avancer comme si l'on se débarrassait de séance en séance d'un nouveau poids.

C'est alors que conseillée par ma thérapeute, j'ai entrepris ma formation de deux ans avec le centre de formation IPNOSIA.

J'ai été surprise des réactions de mes patients à l'évocation de ma formation et de ma pratique en hypnose: entre grand interêt et appréhension.

Bien entendu, la pratique les intriguait, mais elle faisait peur également. La simple évocation de l'hypnose éveille une crainte du mysticisme, de la sorcellerie. Nombre de mes patients me mettaient en garde: "vous ne m'en ferez jamais, promettez moi de ne pas m'en faire à mes dépends, je ne veux pas devenir zinzin et faire n'importe quoi"

Je m'amusais de leurs craintes, et leur souriant, leur faisais remarquer que nous avions régulièrement et naturellement recours l'hypnose conversationnelle lors de mes passages, et ce depuis toujours.

Amusant comme il est aisé de parler de ses perceptions corporelles en les déplaçant métaphoriquement: "dites moi comment vous avez mal?.. et bien j'ai mal à l'estomac, ça me fait comme une flamme qui s'allume et que rien ne saurait éteindre.. De quelle couleur est cette douleur?.. Rouge en bas, et ça devient orange en haut... et voilà, vous êtes en transe...

Etait ce donc si terrible.. nous rions.

Ma patiente la plus réticente à l'hypnose est, de façon amusante, celle qui montre le plus d'aptitudes à imaginer tout un monde de perception à ses maux, à ses ressentis.

C'est extra-ordinaire cette capacité que nous avons à exprimer nos maux en leur donnant une consistance afin qu'elle soit entendue, comprise. En fait, cette capacité permet également, lorsque celui auquel vous la confiez, est formé à l'hypnose , de l'éloigner de vous, lui donner une autre contenance, une autre consistance pour ensuite lui donner moins d'importance, rétablir enfin le confort.

Vous le faites tous les jours sans vous en apercevoir:" je me sens comme si j'étais prise au piège."

Nous pourrions enchainer.:-a quoi ressemble le piège. Dites moi de quoi sont faites les parois, quelles odeurs se dégagent de ce piège. Comment vous sentez vous dans ce piège? Quelle est votre position.. montrez moi... je peux même vous inviter à me montrer avec votre corps la position dans ce piège. Qu' avez-vous en votre possession qui pourrait vous permettre de vous en extraire? Pourrais je vous y aider, si oui comment.

Oui, une séance peut se dérouler comme ceci, mais également autrement.. .. Avez vous eu peur en lisant mes mots? Vous êtes vous senti à ma merci?

La crainte majeur que j'entends exprimer de façon récurrente: est la suivante: "Je crains de ne pas être sensible à l'hypnose car je n'aime pas perdre le contrôle..."

Moi non plus, je n'aime pas perdre le contrôle sur ma vie !!! Je suis femme, forte certes, mais j'ai été éduquée dans la crainte de devenir la proie de l'autre. Je n'ai jamais dépasse la limite de la gaieté dans ma consommation d'alcool pour ne pas perdre le contrôle, me mettre en situation délicate. J'ai été également hyper contrôlante dans ma vie.. blessure émotionnelle de trahison, mais ce sera l'objet d'un autre blog. Mais entendez-vous la différence fondamentale entre s'autoriser à lâcher prise et perdre le contrôle?

Lâcher prise, c'est s'autoriser le confort de laisser à l'autre sa propre partie, déposer ce qui ne nous appartient pas. Ne pas porter à tout prix le poids de ce qui ne nous appartient pas.

Je vous donne l'exemple concret de tout l'inconfort que peut entrainer l'incapacité à lâcher-prise.

j'ai reçu, il y a quelques temps dans mon cabinet un consultant qui souffrait d'hypocondrie.

Celle-ci était en fait un symptôme de son hyper vigilance, de son besoin de contrôle sur tout. Il avait appris qu'une de ses connaissances souffrait d'un cancer du colon, et aussitôt, s'était mis à faire un scanner "mentalocorporel" des maux qui, chez lui, pourraient être symptomatiques de cette maladie.

Il était parfaitement conscient de son trouble. mais celui ci l'empêchait pourtant de dormir. Dans son cadre professionnel, il avait tendance à vouloir faire et/ou corriger, le travail de son associé. Double travail donc pour lui, fatigue.

Frictions avec son associé qui avait le sentiment qu'ils ne travaillaient pas en confiance. Mauvaise humeur, conséquences donc dans sa vie conjugale également.

D'autant qu'il gérait toute la logistique de la maison craignant que tout ne soit pas fait correctement.

Et même s'il laissait une partie de la tâche à sa compagne (ce qui relevait d'un grand tour de force de celle -ci pour obtenir une miette d'autorisation à participer), il s'assurait toujours (dans son dos afin que celle ci ne se vexe pas), que tout était bien fait. Lorsqu'il prévoyait des vacances, il souffrait de bouffées d'angoisses, de craintes que tout ne se déroule pas comme prévu; poussant à son paroxysme l'organisation de celles-ci espérant anticiper toute anicroche.

Finalement, il partait en vacances angoissé, ne profitait à aucun moment de celles -ci vivant continuellement sur le qui-vive, l'appréhension du moment d'après qui pourrait être différent de ce qu'il avait planifié... mais il partait quand même...

ET oui, car cela peut aller au delà: jusqu'a l'enfermement . Certains en viennent à se cloitrer dans un environnement totalement maîtrisé afin de ne pas être à la merci de l'imprévu.


Et bien, croyez le ou non; non seulement mon consultant s'est très volontiers autorisé à tenter l'expérience du lâcher-prise en séance, mais aussi incroyable que cela puisse paraître, il a trouvé cela très confortable, et est parti avec son couteau suisse hypnotique afin de pouvoir retrouver ce confort aussi souvent que nécessaire.


Otez vous de l'esprit que le votre lâcher-prise autorise la toute puissance au thérapeute en hypnose. Choisissez bien votre thérapeute. Là est justement tout l'art de la thérapie. Nous sommes pas dans le soigner à tout prix. Nous nous devons de vous accompagner là ou vous êtes prêts à aller.

UN autre de mes consultants, après qu'il ait évoqué sa souffrance et son envie de s'en débarrasser totalement, a ri lorsque je lui ai dit que nous verrions s'il souhaiterait la déposer totalement ou seulement en partie.

Il ne comprenait pas que l'on puisse ne pas souhaiter laisser l'intégralité de ses maux, après tout, c'était pour cela que l'on venait consulter...

Mais cela s'entend parfaitement, et en tant que thérapeutes, nous devons être prêts à cela, et ne pas ambitionner autre chose que ce à quoi le consultant est prêt!

Il n'est rien de plus normal que n'ayant jamais connu le bien être, certains craignent que celui-ci ne leur soit inconfortable. Car comment accepter du jour au lendemain que fonctionner autrement que de la façon dont on a toujours fonctionné pour équilibrer un système familial ou professionnel puisse être plus adapté pour nous que ce que l'on nous a toujours appris à faire en nous disant que c'était pour notre bien?

Vous allez rire vous aussi... après notre séance, après avoir saisi , décrit, pris entre ses mains les raisons de sa souffrance, mon consultant m'a regardé et m'a affirmé qu'il n'était pas encore prêt à y mettre fin. A ce moment là, c'était vrai, nous avons alors adapté la séance vers d'autres conforts, des atténuations de ses maux, et la recherche de ses ressources. ET c'est à son rythme, avec ses apprentissages au cours des séances que sa thérapie a avancé.

Alors, avez-vous toujours peur de l'hypnose?

N'hésitez pas à poser vos questions sur le blog, ou sur messenger.

Je vous espère un peu plus de confort et de lâcher-prise à partir d'ici et maintenant , et pour les jours à venir.

A très vite dans mon prochain Blog.

Hypnotiquement votre.

Fleur





80 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout