Noël: et si on faisait comme si?


Petit article improvisé.

Hier, une personne me parlait de ces fêtes en ces termes: "un des plus gros mensonges de l'humanité"..

Mensonge ou imagination?

je voudrais rendre la part belle à ces fêtes de fin d'année en cette période si compliquée de pandémie COVID qui sépare, isole les familles.

Quelle sens donnez vous à ces fêtes?

ET si je vous emmenais faire un voyage dans vos perceptions?

UN petit tour dans mes souvenirs?

Chaque noël pour ma part, me ramène à mes souvenirs d'enfance, à cette magie de l'attente, à ces moments si particuliers.

C'est amusant.

Je me suis aperçu qu'il n'était pas une année sans que je scrute avec nostalgie les fenêtres des écoles à la veille des vacances de Noël.

En les regardant, je suis animée d'une intense émotion, un souvenir merveilleux: celui des dames de la cantine qui pour ce dernier goûter de l'année, passaient avec leurs chariots remplis de chocolat chaud, et de brioche au sucre. Combien ce moment était délicieux. Entendre les chariots avancer dans les couloirs, les attendre avec impatience.. et l'odeur du chocolat, celui de la brioche à la fleur d'oranger.

Cette luminosité si particulière de la fin du jour.

La chaleur du bol enfin entre nos doigts.. la crème du lait que nous déposions sur le coin du bol car peu d'entre nous l'appréciaient.

Ce nectar et ce festin qui nous semblaient si savoureux et dont l'odeur se mêlait à celle de la colle qui avait fini nos guirlandes de papier crépon colorés.


La magie commençait ...

Ensuite, il fallait attendre. ... quel supplice, quelle merveille. Quel apprentissage!

Attendre la venue de mon oncle qui venait d'Afrique, trimbalant avec lui les odeurs d'un pays aux milles senteurs.

Ma tante venant de Touraine avec mes cousines.

Alors se fêtait la vie autour d'une nouvelle attente:celle de bon monsieur vêtu de rouge.

Nous organisions les couchages, les enfants rassemblés dans une chambre... un oncle par ci, une tante par là, les grands parents paternels ici, maternels, là...

Nous passions nos journées à décorer la maison, faire le sapin tous ensemble.. choisir le plus beau d'abord. Ma grand mère menait les opérations.. elle avait un sens de l'esthétisme et de l'extraordinaire qu'aucun d'entre nous n'a malheureusement jamais su reproduire.

Nous commencions par les guirlandes lumineuse.. le casse tête.. les démêler, les vérifier avant de les poser pour changer l'ampoule qui ne fonctionnerait pas. Enfin, le sapin s'éclairait.. puis nous l'agrémentions de guirlandes dorées, et enfin , les boules et autres décorations; chaque année chacun d'entre nous en choisissait une nouvelle.. Comme c'était merveilleux d'avoir l'honneur de choisir la bonne place de notre nouvelle acquisition.

Ensuite, il y avait la crèche, dans laquelle le petit Jesus ne reposerait bien entendu qu'à minuit le 24.. nous partions donc en forêt gratter les racines des arbres à la recherche de mousse que nous mettions à sécher sur les radiateurs. L'odeur de la mousse et de l'humus de la forêt se mêlait à celle du sapin et des plats, aux voix qui s'animaient autour des jeux de société qui rassemblaient les adultes, à la chaleur du feu crépitant dans le foyer.

ET puis, il y avait ces nuits à jouer ensemble, à préparer des spectacles que nous jouerions devant notre indulgent public. Nous nous improvisions chorégraphes, metteurs en scène, scénaristes, créateurs de décors en carton, maquilleuses, et ajustions nos costumes de scène et autres postiches fabriqués de bric et de broc.

Nos journées, malgré l'impatience, nous filaient entre les doigts car l'enjeu était double: nous devions offrir un merveilleux spectacle et découvrir ensuite nos cadeaux. Nous répétions, créions, ajustions sans cesses pour offrir à nos parents le meilleur de nous-mêmes.

Enfin, le grand jours arrivait.

Nos lettres étaient écrites, les biscuits préparés.

Nous ouvrions les hostilités, en annonçant notre spectacle par le menu.

Le trac chevillé au corps, nous nous avancions et jouions notre pièce, espérant les bravos de l'aimable assistance.

La critique en général, était ensensée, nous avions parfois droit à un bis...

Comme nos coeurs s'emballaient, nos visages s'empourpraient de reconnaissance...

Nous quittions enfin la place pour retourner dans notre loge, partager dans la joie le succès de notre prestation.

.C'est alors que la sonnette de la maison tintait, annonçant que père noël était passé.

Nous courions tous ensemble, le bonheur chevillé au coeur sous le sapin, et découvrions avec extase les paquets dont nous savourions l'ouverture..

Nous accrochions du regard la joie des parents qui se lisait dans leurs yeux.


J'ai tant aimé ces moments, combien j'ai aimé croire.

Après que le secret de l'inexistance du père noël m'a été dévoilé, je n'ai plus jamais retrouvé l'intensité du plaisir de cette fête. Quel que soit le cadeau.. la magie s'était envolée.

J'ai donc eu à coeur de perpétrer cette magie aussi longtemps que possible pour mes proches et enfants.

La première fois qu'il m'a été permis de créer la magie de noël, j'avais 20 ans, et ma petite cousine en avait 3. Nous étions à Tahaa, l'ile vanille en Polynésie Française. Mon oncle était parti en bateau sur l'ile voisine à la recherche des présents commandés les présents , alors que pour ma part j'étais en charge de rendre supportable l'attente à mon adorable cousine.

Je me mis donc en tête de créer du merveilleux pour ma cousine qui n'avait pas eu la chance de connaître nos noëls familiaux.

Un petit peu de magie ... je ne manque pas d'imagination..

Il paraissait évident que le père noël ne saurait passer par une cheminée qui n'existait pas, il allait donc amerrir sur le ponton ...qu'à cela ne tienne, nous préparerions une piste d'amerrissage.

Nous sommes parties en quête dans la nature luxuriante, de pétales de fleurs et de feuilles d'arbre. Munies d'hameçons et de file de pêche, nous avons confectionné des guirlandes de fleurs toutes plus belles que les autres....

Quelle soirée.... voir les yeux de ma cousine se remplir d'étoile. Je sens encore sa petite main se glisser dans la mienne alors qu'elle regardait le ciel après avoir ouvert ses cadeaux... Fleur, je vois son chariot repartir, j'entends les grelots des rennes...

Puis ce fut le tour de mes enfants.. j'avais été tellement déçue pour ma part de ne plus croire , que j'ai fait en sorte d'entretenir leur croyance le plus longtemps possible.

Mon ainé à cru au père noël jusqu'a ses 12 ans...Un jours, malmené un peu par ses amis qui se raillaient de lui, il m'a supplié de lui dire la vérité. Comme s'il avait besoin de mon autorisation pour ne plus y croire. Je lui ai donc avoué l'effroyable vérité

Il a alors eu ces mots que j'ai accueillis avec un doux sourire.. "c'est vrai que c'était plus beau d'y croire maman.".. il ne m'en voulait pas..loin de là.Il s'est alors engagé dans ma cause pour ses soeurs et son frère.

Aujourd'hui, mes ainés ne croient plus..En revanche, ne vous avisez pas à briser la magie pour mon petit dernier..

Autorisez-vous à" faire comme si "pour que nos petits puissent vivre encore de merveilleux moments.

Autorisez nos petits à laisser leur imagination faire feu de tout bois. Protégez ces moments, encouragez-les. Peu importe le contenu des paquets, créez leurs de merveilleux souvenirs. Celui d'un plat qui deviendra pour eux une tradition, d'une décoration et d'une ambiance particulière.

Car plus tard, leurs enfants et eux le savoureront avec une pensée émue pour vous, pour le souvenir de jours merveilleux que vous aurez su créer... ils s'autoriseront à redevenir enfants eux-même l'espace d'un instant transmettant ainsi à leurs propres enfants le merveilleux de ce que peut créer l'imagination.





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