Hypnose et douleur.

La douleur physique est la composante de différents maux, besoins, valeurs, croyances.

En sus de raison physiques, elle peut être l'expression dans le corps d'un comportement qui ne répond pas à vos besoins profonds.

Elle peut être majorée ou anticipée par anxiété, par le souvenir d'une douleur intense.

La douleur inclue donc non seulement des mécanismes physiques, nerveux, mais également psychologiques, perceptifs, sensoriels. Et en cela, l'hypnose est une aide scientifiquement prouvée dans la gestion de la douleur.



A ce titre d'ailleurs, vous noterez que les centres anti-douleurs comptent nombre de médecins et infirmiers formés à l'hypnose afin de proposer à leurs patients les traitements les plus adaptés à leur perception douloureuse.

Car chaque douleur a une histoire , une perception qui est propre à chacun.

Chacun d'entre nous a une tolérance à la douleur qui lui est bien personnelle.


Pourquoi l'hypnose aide à la gestion de la douleur?

Justement parce qu'elle va aller à la rencontre de son histoire, de votre perception personnelle, et des mécanismes qui vous sont propre pour vous offrir des outils de gestion à votre mesure.

Plutôt que de longs discours, je vais vous citer en exemple 3 de mes consultants.. et peut être y ajouter mon expérience personnelle.


Commençons par monsieur A. Patient que je prenais en charge dans le cadre de soins palliatifs Il évaluait sa douleur à 8 sur EVA comprise entre 0 et 10.

Lorsque je lui demandais de me la décrire, il me la dépeint ainsi: "j'ai une douleur, comme une masse dans le dos, et une autre masse dans le ventre (il avait un cancer du colon avec métastases osseuses).. la masse du dos est marron, l'autre est vert caca d'oie; elles se serrent l'une contre l'autre et compriment tout ce qui est entre les deux."


Nous n'avons eu nul besoin de faire une transe à proprement parler.

IL m'a proposé lui même ses outils: me racontant sa douleur comme un cadran de locomotive à vapeur, avec un poignée qui permettait de diminuer la pression.

Avec sa main droite, il s'est mis à manoeuvrer la poignée, et la main gauche me montrait l'aiguille de la pression qui diminuait... son visage devint de moins en moins crispé. Puis lorsqu'il atteint un niveau de confort satisfaisant, il arrêta son geste, son visage se détendit complètement, puis il prit un air surpris... "Tiens, j'ai une petite douleur dans le talon que je ne sentais pas avant me dit il en souriant." Soulagé, il s'endormit après que nous ayons terminé la séance.


Monsieur B, 72 ans, adressé par son médecin traitant pour douleur dentaire chronique depuis plus de 10 ans suite à la pose d'une couronne.

Monsieur B m'explique que sa douleur lui rend la vie infernale. IL a consulté les médecins de tout bord, est allé au centre anti douleur, a revu des stomatologues, neurologues, a essayé tous types de médecines douce: médecine chinoise, acupuncture, sophrologie, magnétiseurs...

Monsieur B bien qu'a la retraite, est très actif dans une organisation dans laquelle il est extrêmement engage. Il m'explique que sa plus grande peur, c'est le vide. Il ne supporte pas de ne rien faire. Extrêmement anxieux, et stressé, il avoue lorsqu'il se lève le matin avoir mal en voyant chaque jour la tâche à accomplir. Il dit également que la douleur l'empêche de dormir.. puis rectifie, j'ai mal quand je m'allonge...

Nous faisons un test sur mon siège, et je l'invite à s'étendre de plus en plus.. il constate qu'il n'a pas mal alors qu'il est bien au delà de la position qui lui est tolérable le soir au coucher.

Il rectifie alors: le soir, j'angoisse car j'ai peur d'avoir mal dans la nuit.

La douleur me réveille... il s'explique, je saisis dans son discours un détail.. il me parle de réveil nocturne pour des problèmes de prostate.. je reviens dessus et lui demande. Vous vous réveillez parce que vous avez mal, ou parce que le besoin d'uriner se fait sentir?

"Parce que mon problème de prostate m'impose la nécessité d'aller faire pipi... et ensuite j'ai mal.. en fait pas tout de suite, ... je pousse avec ma langue et la j'ai mal."

Il m'indique que lorsqu'il mâche un chewing-gum de l'autre coté, et me le montre, chewing-gum en bouche, me montrant le mouvement que fait sa langue, cela soulage la pression qu'il ressent sur la dent.

Il ajoute que les seuls moments durant lesquels il n'a vraiment pas mal, c'est quand il boit de l'alcool.. mais que là, il n'est plus vraiment lui même.

Me vient alors la phrase inspirée par sa peur du vide exprimée plus haut "j'ai mal donc je suis".. lui dis je en souriant.. "certainement" me répond-il.

Nous partons alors sur un portrait de cette douleur: elle est rouge, elle fait comme un étau, en fonction des moments de la journée, et de mes activités, elle irradie dans différents endroits...

Lors de la première séance, je lui proposais la prescription suivante: vous allez tourner tous les soirs votre langue dans votre bouche 3 fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre , et le matin, 4 fois. je lui remis un bout de papier vert qu'il devrait sortir si la douelur se faisait sentir dans le journée.

Lorsque je le revis 15 jours plus tard, son visage était plus reposé: je dors me dit il, je n'ai plus d'angoisses... mais j'ai encore mal quand je travaille. En fait, je stress énormément, et la tâche me parait tellement énorme. Il visualisait sa tâche quotidienne comme une montagne insurmontable. Nous avons revisité sa tâche quotidienne. Nous pas comme une montagne, mais un amas de petits cailloux.. ainsi, elle était tout à fait gérable pour lui.

La troisième consultation, il évoqua sa douleur face à l'énervement. Nous avons alors déconstruit le canevas de sa douleur, car à chaque stimuli, il m'avait décrit une irradiation différente de la douleur..; et ensuite, crée une zone de protection et de confort autour de sa dent.

En trois séances, il avait appris à se positionner différemment, et ne pas stimuler sa souffrance qui n'avait pour but que de lui faire entendre qu'il devait tout simplement envisager les évènements de façon différente afin de les rendre plus acceptables.


Madame C

me demande une consultation en téléconsultation sur les conseils de son osthéopathe car souffre d'une douleur type sciatique dont elle ne se défait pas depuis 3 semaines.

Elle m'explique que l'apparition de cette douleur est récurrente lorsqu'elle commence quelque chose de nouveau, et que la douleur est telle qu'elle l'empêche d'avancer .

Nous débutons par un portrait se sa douleur qu'elle décrit comme un énorme clou qui se visse dans sa jambe. Elle m'en décrit la couleur, le poids, la température, etc..

Ensuite, nous faisons un exercice de respiration autour de son besoin de lâcher prise ,en introduisant la trans, je l'invite a dévisser le clou jusqu'au confort, à entendre la peur du commencement, son but, et lui demander de remplacer sa manifestation par quelque chose d'utile pour elle.

Madame C n'a pas eu la nécessité d'une seconde séance, elle avait les outils entre les mains pour soulager sa douleur et entamer des commencements en toute sérénité, aux dernières nouvelles il y a 15 jours, soir 5 mois après notre consultation, elle va parfaitement bien. S'est à nouveau lancée dans des commencements et tout s'est bien déroulé.


Madame D, adressée par son médecin traitant pour burn out et fibromyalgie.

Madame D a éprouvé pendant les 5 premières séances, le besoin de ne pas évoquer sa douleur mais son mal être. Nous avons donc remis des protections, ressources, valorisation, estime de soi dans un tableau de maltraitance psychologique énorme.

Lorsqu'enfin madame D s'est estimée prête a aborder ses douleurs, nous les avons prises une à une.. la premier lui pesait comme un poids sur les épaules.. c'était le poids de l' humiliation qu'elle voyait comme le pied d'un géant qui l'écrasait à terre.. une fois le pied retiré en transe, sa douleur put disparaître.

Chacune de ses douleurs correspondait à une blessure émotionnelle énorme que nous avons pu soulager au fur et à mesure des séances.

Madame D a un inconscient qui comme je le lui ai dit, est extraordinaire.. lorsqu'elle me parle, il s'amuse à déformer ses mots ou expressions françaises pour me donner la voie à suivre. Un jour par exemple, ou elle m'a demandé une consultation en urgence parce qu'elle avait très mal vécu un évènement durant lequel elle s'était sentie rejetée, elle me dit "je suis sortie de mes gants"... sa blessure de rejet avait pu s'exprimer au lieu de la laisser en marge de l'évènement. J'ai souri, lui ai ratifié son écart de langage, nous en avons ri, et avons pu établir ensemble que ses douleurs la mettaient à l'écart non seulement de sa vie familiale mais également sociale et professionnelle afin de lui offrir un espace de protection qui n'avait pour but que d'éviter de revivre les souffrances auxquelles elle avait été exposée durant toute son enfance.

Madame D depuis plus d'un an ne sortait plus de chez elle, n'allait plus faire de marche, ne travaillait plus. Suite à cette dernière séance au cours de laquelle nous avons établi écouté sa peur, établi de nouvelles protections; elle s'est remise à aller marcher à l'extérieur, à osé prendre le train et le tram, Vit les rencontres plus aisément.

Elle s'autorise à présent à remettre du mouvement et de la fluidité dans son idéation et dans sa vie.


Pour finir, j'ose à présent vous avouer mes faiblesses personnelles.

J'ai souffert il y a quelques mois de douleurs violentes de sciatique.

A l'IRM, pas de hernie discale.

Je suis donc allé consulter Anais , kinésiologue à Salles.. une très belle rencontre que je vous conseille vivement.

J'y suis allée, car j'avais déjà fait l'expérience de la kinésiologie et que je suis absolument persuadée qu'allier cette pratique à celle de l'hypnose permettrait des avancées spectaculaires dans la gestion des douleurs et autres maux.

En effet, la kinésiologie permet une écoute du langage du corps, et ainsi. Cette pratique permet donc le décryptage du langage de notre meilleur allié, et d'entendre ses besoins, ses outils mais également d'ancrer en lui de nouveaux apprentissages, de nouvelles valeurs et ressources.

Lorsque Anais me reçut, je lui expliquais le motif de ma consultation: cette douleur, son irradiation; mais également la transition professionnelle compliquée que je vivais. Mes difficultés à établir une communication efficace afin de developper mon activité en hypnose, mon appréhension à quitter ma profession d'infirmière.

Anais me demanda alors si je souhaitais que la douleur s'en aille. Je refusais, lui disant qu'elle avait une nécessité, certainement celle de m'empêcher de continuer à exercer en tant qu'infirmière et que donc je voulais qu'elle reste.

Nous avons donc entamé les soins. Anais, qui était en pratique de validation des acquis de sa première année de kinésiologie est devenue anxieuse car mon corps lui réclamait un protocole sur lequel elle avait été mise en difficulté lors d'une précédente consultation.

Je lui promis que tout se passerait bien.

Après avoir décrypté les besoins exprimés par mon corps: non pas cesser mon activité d'infirmière, mais savoir accepter que j'avais de la valeur et mettre ainsi en place une communication efficace pour parler de mon exercice, elle me demanda de visualiser une situation dans laquelle je me sentais vraiment bien, le plus à l'aise possible dans la communication.

ET bien, croyez le ou non, je mis en place un processus de sabotage immédiat dans ma visualisation de la scène... ma culpabilité de maman, me fit vouloir imaginer ces scènes familiale de rires, de jeux avec mes enfants.

Toute à mon auto-hypnose, je sentis néanmoins l'anxiété d'Anais monter.

Cela me fit revenir à nous.

"Je ne comprends pas, ça ne fonctionne pas" ,me dit-elle "je ne vous ferai pas payer..."

Je fis alors immédiatement mon mea culpa:

"Je sais ce qu'il se passe: je n'ai pas visualisé ce que je devais visualiser, vous n'y êtes pour rien".

Je repartis alors en transe, mais cette fois, m'installais dans mon siège d'hypnothérapeute, en consultation dans mon cabinet: dans ces moments ou la confiance s'installe, ou la parole se libère, ces instants durant lesquels tout devient simple, intuitif, comme si tout coulait de source.

Alors, enfin, mon corps se mit à libérer sa parole... accepta l'exercice, exprima se dont il avait besoin ce que je devais entendre.


Je vous avoue même que jusqu'a très récemment encore, j'ai eu des alertes douloureuses. Jusqu'a ce que je fasse une nouvelle formation en expertise du changement et que j'entende enfin les conséquences de ma peur fondamentale de l'abandon, je n'avais pas encore cerné implicitement ce que m'exprimait mon corps par ses maux.

Il a fallu que je cerne que toute ma problématique venait du fait qu'était ancré en moi la certitude de n'avoir aucune valeur,.

Alors, je pus en auto hypnose, voyager autour de la construction de cette méta croyance , la déconstruire l'inviter à me protéger différemment et accepter enfin mes capacités et de mettre en marche ma communication avec les structure hospitalières.

Hier encore, bien que sachant que j'offrais des séance de qualité, j'espérais vous faire entendre que j'étais une bonne professionnelle alors que je ne croyais pas en ma valeur, et donc en moi. Comment de ce fait, auriez vous pu avoir confiance en moi en ce cas, puisque le discours que je vous tenais ne vous y engageait pas?...

En ce qui concerne Anais... fait amusant, je la quittais après avoir refusé de ne payer que le prix qu'elle demandait pour ses séances d'apprentissage: 5€, lui demandais quel était le tarif d'une séance... et lui réglais donc ce tarif.

Le plus amusant est que je lui tins le discours que j'aurais dû me tenir à moi-même . -"Croyez en vous, en votre valeur, ne vous prenez pas pour un imposteur, faites vous payer à votre juste prix. C'est moi qui par mon déni, et ma culpabilité vous ai mise en difficulté, et je ne serai certainement pas la seule à le faire."


Voici mes très chers lecteurs.

Je vous remercie de me suivre, je remercie énormément ceux qui m'ont fait des retours sur mes blogs et les éclairages qu'ils leur apportent.


Ma plume, comme ma pratique sont à votre service.


A très bientôt .



Fleur


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